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ESG : trois (pas si) petites lettres qui ont changé pour toujours le paysage des investissements
ESG : trois (pas si) petites lettres qui ont changé pour toujours le paysage des investissements
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ESG : trois (pas si) petites lettres qui ont changé pour toujours le paysage des investissements

22/03/2018

Madhu Gayer

Madhu Gayer

Analyse des investissements et durabilité, Asie du Pacifique

BNP Paribas Securities Services

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L'approche environnementale, sociale et de gouvernance d'entreprise (ESG) ainsi que les investissements durables (ID) constituent un thème central pour les décideurs politiques, investisseurs institutionnels et entreprises. Des articles traitant de ces questions sont quotidiennement publiés dans les médias, qu'il s'agisse des droits de l'homme, de la diversité au sein des conseils d'administration ou du changement climatique. Les grandes institutions et, dans une proportion grandissante, les investisseurs individuels, dirigent maintenant leur attention sur ces questions et les gestionnaires intègrent ces concepts dans leurs stratégies d'investissement. En d'autres termes, l'approche ESG et les ID ne sont plus étrangers au processus de sélection du portefeuille et d'investissement

Le paysage des investissements se réinvente depuis peu, tous les acteurs de la chaîne de valeur de  l’investissement ayant changé d'objectifs pour cibler des retours durables à long terme ajustés au risque. Il s'agit d'une tendance mondiale majeure, avec, à la fin de l'année 2016, des actifs mondiaux en investissement responsable qui atteignaient presque 23 000 milliards d'USD[1] . En Asie Pacifique, les investissements responsables ont enregistré une croissance spectaculaire, ceux de la Chine et de l'Inde ayant doublé entre 2014 et 2016. En effet, la Chine a rapidement pris son essor, pour devenir le plus grand émetteur d'obligations vertes du monde, représentant 40 % de toutes les nouvelles obligations vertes.

En 2017, BNP Paribas a réalisé une étude sur les pratiques ESG en Asie Pacifique et dans le monde, avec plus de 450 investisseurs qui représentaient plus de 5 400 milliards d'USD d'actifs gérés (AuM)[2]. Les résultats montrent l'importance de l'approche ESG : au cours des deux prochaines années, 46 % des détenteurs d'actifs prévoient de placer 50 % ou plus de leurs investissements dans des fonds qui incorporent l'approche ESG/SI, et 54 % des gestionnaires d'actifs envisagent de commercialiser 50 % ou plus de leurs fonds comme fonds ESG/SI. Nous avons également constaté que les investisseurs investissent de plus en plus en se basant sur les profils ESG des sociétés dans lesquelles ils placent (57 % des répondants) et au moyen d'obligations vertes durables (52 %).

Les investisseurs d'Asie Pacifique dépasseront d'ici peu leurs homologues régionaux, l'Accord de Paris de 2015 ayant joué un rôle considérable en attirant l'attention sur la croissance verte et faible en émissions de carbone de l'Asie, et en incitant à l'investissement environnemental et social. « Dans de nombreux pays asiatiques, ce n'est plus considéré comme quelque chose "d'accessoire". Au contraire, l'évolution des réglementations et des politiques est en train de placer la région sur une trajectoire qui la verra bientôt devancer d'autres parties du monde[3]. » Les répondants d'Asie-Pacifique de notre étude sont particulièrement enthousiastes face à l'approche ESG. Ils sont plus enclins à intégrer une politique ESG dans leur stratégie (92 %) et à intégrer des facteurs ESG dans leur processus de prise de décision (84 %).

Malgré ces développements positifs, il y a encore beaucoup de travail à faire et de défis à surmonter. Une action est requise dans trois domaines clés:

  1. Des données plus intelligentes, de meilleures analyses : nos répondants ont déclaré que le manque de données ESG fiables est le principal problème auquel les propriétaires et les gestionnaires d'actifs sont confrontés, plus de 55 % d'entre eux le mentionnant comme le plus gros défi à relever. La création de valeur durable ESG et à long terme n'est pas seulement une question de passé et de présent, c'est aussi une question d'avenir ; l'accent devra porter sur le développement d'une analyse plus rigoureuse et plus détaillée et de capacités d'application de stress-test. C'est ainsi que nous soutiendrons les processus de prise de décision en matière d'investissement, que nous favoriserons les pratiques de gestion des risques et que nous dégagerons des bénéfices de performance sur le long terme.
  2. Un langage commun : si les investisseurs doivent prendre des décisions plus éclairées et transparentes, ils doivent comprendre chaque risque et opportunité en matière d'ESG liés aux sociétés et secteurs dans lesquels ils investissent. Selon notre étude, la principale raison pour laquelle l'approche ESG ne fait pas partie des décisions d'investissement aujourd'hui est le manque de clarté concernant sa définition, qui constitue un obstacle pour 38 % des répondants n'incluant actuellement pas l'approche ESG dans leurs décisions d'investissement. Par conséquent, un langage commun permettant de présenter des rapports plus riches, plus approfondis et plus complets sur les risques et les opportunités est un outil sur lequel l'ensemble du secteur travaille. En novembre dernier, avec la croissance rapide du marché des obligations vertes, la Banque européenne d'investissement (BEI) et la Commission chinoise de la finance verte (CGFC) ont présenté les premières conclusions d’un projet[4] visant à faciliter la mise en œuvre d'un langage commun de la finance responsable. L'étude de ces organisations a analysé en détail les normes relatives aux obligations vertes en Chine et dans l'UE, et révélé que les actifs sous-jacents sont classés dans des catégories différentes.
  3. Gouvernance et normes : l'approche ESG va bien au-delà de l'investisseur ou de l'entreprise ; elle concerne tous les aspects de la chaîne de valeur des investissements. Les régulateurs et les organismes du secteur ont également un rôle important à jouer, que ce soit dans les domaines des codes de gouvernance, des codes de bonne conduite, des guides sur les Principes pour l'investissement responsable (PRI) des Nations unies, des normes de reporting GRI ou des normes relatives aux obligations vertes. [5]Avec le lancement, en novembre 2017, des normes relatives aux obligations vertes de l’ASEAN (AGBS), les pays de l’ASEAN ont une base solide à partir de laquelle encourager les entreprises et les investisseurs à placer leurs capitaux dans des obligations vertes de leur région. Elles constituent aussi un facilitateur clé d'affaires, susceptible d'attirer du capital d'investisseurs dans la région et permettant aux émetteurs de l'ANASE d'avoir davantage accès aux investisseurs.

Alors que l'Asie du Pacifique va traverser des changements et des bouleversements majeurs les prochaines années, les trois petites lettres E, S et G soulèveront des défis importants et offriront des opportunités tant aux investisseurs qu'aux entreprises. Exploiter les opportunités, gérer les risques et relever les défis de manière coordonnée et globale seront autant d'éléments indispensables à la réussite.

[1] 2016 Global Sustainable Investment Review, GSIA (en anglais).
[2] Actifs sous gestion.
[3] Responsible Investment Market Update: A Snapshot of Signatory Action, Principles for Responsible Investment, 20 March 2017.
[4] The need for a common language in Green Finance: Towards a standard-neutral taxonomy for the environmental use of proceeds, Phase I of Joint Research by the European Investment Bank, the Green Finance Committee of China Society for Finance and Banking, November 2017.
[5] Investor Obligations and Duties in 6 Key Asian Markets, UNEP, UN PRI, 2017.

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