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Comment les services financiers peuvent-ils soutenir les objectifs de développement durable ?
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Comment les services financiers peuvent-ils soutenir les objectifs de développement durable ?

03/05/2019

Anjuli Pandit

Anjuli Pandit

Primary Sustainability Manager Global Markets

BNP Paribas Corporate and Institutional Banking

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Anjuli Pandit, Primary Sustainability Manager chez BNP Paribas Global Markets, joue un rôle de catalyseur important dans l’évolution des mentalités. Elle fait le point sur les progrès accomplis dans la réalisation des ODD de l’ONU et sur l’importance du rôle des sociétés de services financiers.

La création d’une entreprise socialement responsable était autrefois l’ expression de l’effet des relations publiques, le parent pauvre du véritable objectif visant à créer de la valeur pour les actionnaires. Cette époque est désormais révolue grâce aux Objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies (ONU).

Établis pour la première fois en 2015, les 17 objectifs vont de l’accès à une énergie propre et d’un coût abordable à l’égalité des sexes, en passant par l’élimination de la faim et la lutte contre les changements climatiques.

Comment et pourquoi les ODD de l’ONU ont-ils été créés ? Qu’est-ce que l’ONU espère réaliser et comment le monde des affaires a-t-il pris part au projet ?

Ce fut un véritable exploit de voir se rassembler 193 pays à l’ONU en 2015 et s’accorder sur 17 objectifs mondiaux. Les ODD donnent une définition du terme « durabilité » et expliquent à quoi ressemblerait une planète prospère. Ce projet place toutes les grandes problématiques dans l’œil du radar, et l’ONU souhaite que les milieux d’affaires s’engagent collectivement à les atteindre.

Quelle a été la contribution du secteur des services financiers dans la réalisation de ces objectifs ? Comment et pourquoi ce projet est-il pertinent pour le secteur ?

Le secteur a un rôle central à jouer. Il a le pouvoir d’influer sur les bénéficiaires de l’argent. Par exemple, si un fonds souverain décide d’investir massivement dans la transition énergétique, cela va changer l’avenir de ce secteur ou du pays dans lequel il investit. Nous devons nous assurer de trouver l’argent nécessaire pour créer des solutions adaptées à ces problèmes, mais aussi veiller à éloigner l’argent des lieux qui en sont la cause.

Parmi les 17 objectifs, lequel a enregistré les progrès les plus significatifs ?

D’importants progrès ont été réalisés en matière de changement climatique avec la COP 21 (Conférence de Paris de 2015 sur les changements climatiques). Chaque pays participant doit avoir un plan d’action pour le climat et la plupart des grandes sociétés multinationales mesurent et communiquent leur empreinte carbone.

L’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes ont également occupé une place centrale ces dernières années, le Royaume-Uni ayant rendu obligatoire la publication des informations relatives à l’écart de rémunération et le mouvement #MeToo s’interrogeant sur le sentiment de sécurité des femmes au travail. De nombreuses organisations se penchent sur l’égalité entre les sexes et les fonds à y allouer, pour qu’un projet puise bénéficier directement aux femmes des zones rurales et leur donner des moyens d’action grâce à des opportunités économiques et l’accès au travail.

Les infrastructures, l’industrialisation et l’innovation évoluent rapidement depuis quelques décennies. La digitalisation nous permet de gérer la quantité colossale de données dont nous avons besoin pour résoudre différents enjeux en matière de durabilité. Elle facilite grandement les audits et les rapports qui permettent de comprendre si une proposition est véritablement verte ou s’il s’agit d’un projet social. En outre, elle a aussi une utilité pratique, comme l’utilisation de l’imagerie digitale par satellite pour surveiller le rendement thermique d’un bâtiment.

Quels objectifs ont reçu moins d’attention ?

Il reste encore beaucoup à faire pour les océans, où l’acidification et la dégradation des récifs coralliens sont des problèmes majeurs. Les matières plastiques déversées dans les océans sont un enjeu que chacun a intégré. Les individus s’intéressent à leur propre utilisation du plastique, comme décider de ne pas utiliser de paille la prochaine fois qu’ils iront prendre un verre. C’est ainsi que nous voulons aborder ces ODD, avec le sentiment que chaque petit détail compte. Dans le domaine de la biodiversité, la vie sur terre a encore un long chemin à parcourir, car la croissance démographique mondiale rivalise avec la préservation de la faune et de la flore. Concernant la sécurité alimentaire, certaines zones du Moyen-Orient et de l’Afrique deviennent inhabitables et incultivables en raison de la désertification. Les plus pauvres sont les premières victimes. L’eau est un enjeu qui est resté au second plan par rapport au débat sur le climat. Nous oublions à quel point nos ressources en eau sont vulnérables.

Quel rôle BNP Paribas a-t-elle joué dans la réalisation de ces objectifs ?

Nous avons combiné l’ensemble de nos activités avec les ODD de l’ONU. Pour l’action climatique, par exemple, nous nous sommes fixé des objectifs fondés sur la science pour réduire notre empreinte carbone et maintenir le réchauffement sous la barre des 1,5 °C, le niveau convenu à l’échelle mondiale pour limiter la hausse des températures afin de lutter contre le réchauffement climatique. En outre, nous avons pris des décisions concernant notre portefeuille afin de soutenir la transition énergétique. Nous nous sommes retirés des secteurs qui, selon nous, ne seront pas productifs à l’avenir (comme les nouvelles centrales au charbon)et nous avons pour objectif d’investir 15 milliards de livres sterling dans les énergies renouvelables.

Nous sommes des chefs de file dans le domaine des obligations vertes et nous développons d’autres produits comme les prêt à incitation positive, qui permettent d’offrir des taux réduits aux entreprises si elles dépassent leurs objectifs en matière de développement durable, ou de facturer davantage si elles ne parviennent pas à les atteindre. Nous évoluons vers les obligations à effet social. Nous collaborons avec le gouvernement de l’État du Connecticut pour financer des organismes de bienfaisance locaux qui aident les familles défavorisées à tenir leurs enfants éloignés du système de soins. Nous sommes rémunérés en fonction des résultats (si un parent est contrôlé négatif aux stupéfiants, par exemple). L’État réalise des économies sur sa facture de soins de santé mais, chose plus importante encore, les enfants issus de familles défavorisées mènent une vie meilleure. Nous allons à la rencontre de nos clients issus de tous les horizons pour essayer de trouver des solutions de financement à leurs problèmes de durabilité. Nous souhaitons qu’ils puissent supporter la charge financière de la reconversion vers des pratiques durables et les inciter à agir ainsi. Nous devenons les associés de nos clients sur ces projets et nos valeurs communes sont mises en évidence.

« Le secteur des services financiers a un rôle central à jouer. Il a le pouvoir d’influer sur les bénéficiaires de l’argent. Nous devons trouver l’argent pour créer des solutions adaptées à ces problèmes et éloigner l’argent des lieux qui en sont la cause. »

ANJULI PANDIT

Quels sont les risques pour le secteur (et le monde) si nous ne parvenons pas à atteindre ces objectifs ?

Même si vous ne vous souciez pas des questions sociales et environnementales, le coût financier de l’absence de solutions à ces problèmes est énorme. Dans un monde où des milliards d’individus s’appauvriraient parce que nous n’avons pas su protéger les ressources de notre planète, il deviendrait impossible de faire de bonnes affaires.

Quelles régions du monde jouent un rôle de premier plan dans l’adoption de la durabilité ? Comment le secteur privé réagit-il ?

L’Europe a joué un rôle novateur dans des domaines tels que la transition énergétique et le transport durable. L'Inde et la Chine ont fait un bond en avant considérable en matière d’énergie durable. Les énergies alternatives sont désormais un élément central et sont adaptées rapidement. Aux États-Unis, les États et les villes continuent de montrer la voie, en dépit du manque de clarté quant à la position du gouvernement fédéral sur des questions telles que l’égalité des sexes et l’environnement. En ce qui concerne les sociétés, les investisseurs sont plus obstinés que les entreprises elles-mêmes lorsqu’il s’agit de demander et d’exiger des améliorations en matière de durabilité. Mais certaines entreprises excellent également dans ce domaine, comme Unilever et Danone.

Comment encourageriez-vous les autres pour les aider à atteindre ces objectifs ?

Il est important que chaque organisation entreprenne de combiner ses activités aux ODD. Le dialogue est primordial. C’est pourquoi nous organisons chaque année à Singapour, New York et Paris nos Sustainable Future Forums dans le but de réunir des entreprises et des investisseurs pour qu’ils discutent de questions telles que la gestion de l’eau, l’égalité des sexes et les énergies nouvelles. C’est en participant activement à ces débats que nous trouverons des solutions.

Parfois, nous entendons : « Ce ne sont pas nos affaires. Nous avons un devoir fiduciaire envers nos actionnaires. » Je remets ce point de vue en cause dans le monde d’aujourd’hui. Pour la première fois, des membres haut placés commencent à croire que la préservation des populations et de notre planète les concerne aussi et à agir en ce sens. Pour moi, c’est l’affaire de chaque individu, entreprise et gouvernement.

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