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Négociation des ordres : l'externalisation a le vent en poupe
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Négociation des ordres : l'externalisation a le vent en poupe

27/09/2019

Thomas Castiel

Thomas Castiel

Head of Dealing Services

BNP Paribas Securities Services

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Dans un contexte de concurrence exacerbée et de multiplication des contraintes réglementaires, sont soumises à une pression croissante les sociétés de gestion. Afin d’optimiser leurs coûts, tout en gagnant en qualité de service, elles n’hésitent plus désormais à externaliser leur table de négociation à des spécialistes du traitement des ordres.

Externaliser sa table de négociation devient une pratique de plus en plus courante chez les gestionnaires d’actifs. Selon une récente étude réalisée par la société Sionic pour le compte de BNP Paribas Securities Services auprès de 30 sociétés de gestion en Europe, 20% des entreprises interrogées ont déjà externalisé tout ou partie de leurs activités de négociation (« dealing services »). Un phénomène qui pourrait prendre dans l’ampleur puisque 21 % des sociétés de gestion sondées déclarent envisager une telle externalisation dans les 18 à 24 prochains mois. « Avec la multiplication des contraintes réglementaires, dont la directive MiFID 2, et la standardisation des processus de passage d’ordres, les sociétés se posent de plus en plus la question de déléguer cette activité à un prestataire externe, évoque Thomas Castiel, Head of Dealing Services au sein de BNP Paribas Securities Services. Pour d’autres, qui ne se sont pas encore équipées, le choix de l’externalisation coule de source afin de s’éviter des coûts d’investissement très importants. »

Réduire les coûts

La principale raison des sociétés de gestion pour franchir le pas de l’externalisation reste la nécessité d’optimiser leurs coûts dans un contexte de baisse récurrente de leurs marges. « Quand une société décide d’externaliser une activité, elle porte toujours son attention en premier lieu sur les coûts et les économies que cela peut générer, explique Thomas Castiel. Or, la société de gestion a souvent tendance à sous-estimer les coûts que représente cette activité de passage d’ordres. Beaucoup de frais annexes – risque opérationnel, conformité, contrôles – sont souvent oubliés. Il est donc nécessaire pour une société d’avoir une vision globale de cette activité pour bien mesurer l’enjeu et les bénéfices de l’externalisation. »

Une meilleure mise en conformité réglementaire

La chasse aux coûts n’est toutefois pas l’unique motivation. La multiplication des contraintes réglementaires constitue un catalyseur important. « Depuis la mise en œuvre des directives MiFID 1 & 2, nous avons réellement observé une accélération de la tendance à l’externalisation, avec plus de sollicitations sur le sujet », note ainsi Thomas Castiel. Et pour cause : externaliser sa table de négociation permet de se mettre en conformité plus facilement avec les réglementations en vigueur. « Notre service remplace l’intégralité de la table de négociation interne d’une société de gestion et notre rôle consiste, notamment, à réaliser l’ensemble des reporting réglementaire dont le reporting de « best execution » (meilleure exécution ») imposée par MiFID 2, explique Thomas Castiel. Nous permettons à la société de gestion d’être pleinement conforme à l’ensemble des obligations réglementaires en vigueur en Europe. »

En optant pour l’externalisation, la société de gestion est également gagnante en termes de qualité de service. « Notre service de « dealing » couvre l’ensemble des classes d’actifs – actions, obligations, change, dérivés, etc. – et toutes les zones géographiques, note Thomas Castiel. Par ailleurs, notre outil de gestion des ordres (« order management system ») est alimenté par des données de marchés en temps réel, ce qui améliore la qualité de service. Enfin, cet outil permet d'accéder à l’ensemble des places d’exécution, qu’il s’agisse des Bourses traditionnelles ou des plateformes alternatives d’échanges, ce qui peut s’avérer particulièrement coûteux pour une société de gestion ou un détenteur d’actifs. »

Pour autant, externaliser sa table de négociation ne constitue pas un blanc-seing pour le prestataire. Société de gestion comme détenteurs d’actifs ont en effet un droit de regard sur les services proposés par leur prestataire. « Au sein de BNP Paribas Securities Services, nous avons recours à un prestataire de données qui évalue de manière objective la qualité de nos services, explique Thomas Castiel. Toutes les transactions réalisées via nos outils sont donc envoyées et analysées par le prestataire de données »

Lever la barrière psychologique

Si l’externalisation du passage d’ordres gagne du terrain tant chez les sociétés de gestion que chez les détenteurs d’actifs, de nombreux freins doivent encore être levés pour que cette pratique se généralise. « La principale barrière reste psychologique, estime Thomas Castiel. Historiquement, le passage des ordres était la chasse gardée des gérants. Ces derniers ont longtemps freiné toute démarche d’externalisation car ils craignaient de perdre cette relation avec le marché. » Pourtant, tout en externalisant le traitement de ses ordres, la société de gestion garde la main et la proximité avec les « brokers ». « Elle peut conserver en effet la relation contractuelle avec ses différents brokers, note Thomas Castiel. Un important travail de pédagogie et d’explication est donc nécessaire auprès des sociétés de gestion pour les rassurer sur ce sujet. »

Dans un contexte marqué par une concurrence accrue et le développement croissant des fonds indiciels à bas coûts qui rognent leurs marges bénéficiaires, nul doute que les sociétés de gestion seront amenées à prendre de plus en plus en considération les atouts offerts par l’externalisation de leur table de négociation.

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