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Les institutions officielles donnent le ton de la reprise post Covid-19
Les institutions officielles donnent le ton de la reprise post Covid-19
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Les institutions officielles donnent le ton de la reprise post Covid-19

03/12/2020


Les institutions officielles, dont les banques centrales et les organismes supranationaux, ont été mises à l'épreuve par la pandémie de Covid-19 et leur rôle a été unanimement reconnu comme déterminant pour atténuer les perturbations des marchés. Alors que les économies s'ingénient à trouver des solutions afin de s'adapter à la Covid-19, les grandes institutions publiques telles que la Banque européenne d'investissement (BEI), la Commission européenne (CE) et le Mécanisme de stabilité européen (MSE), vont probablement jouer un rôle majeur dans le processus de reprise économique. BNP Paribas Securities Services s'intéresse à la façon dont ces institutions officielles devraient soutenir la croissance économique dans cette nouvelle normalité.

Une réponse massive en matière de politique monétaire

L'intervention de la Banque centrale européenne (BCE) pour limiter les dommages économiques causés par la crise de la Covid-19 a été d'une puissance inédite. Outre l'injection de quantités importantes de liquidités dans un certain nombre de banques de la zone euro, l'annonce d'un abaissement provisoire des exigences en matière de fonds propres bancaires et le report des tests de résistance à l'échelle de l'UE jusqu'en 2021, la BCE a introduit un assouplissement temporaire de ses mesures en matière de collatéral (à savoir réduction des haircuts, élargissement du périmètre des obligations et des prêts acceptables) afin d'aider les banques à continuer d'apporter liquidités et crédits. La BCE a également renforcé son programme d'assouplissement quantitatif (AQ) par le biais du programme de rachat d'actifs baptisé Pandemic Emergency Purchase Programme (PEPP).Ce dispositif devrait perdurer au moins jusqu'à fin juin 2021.

La BCE a fait preuve d'une souplesse accrue et d'une certaine tolérance au risque. Elle a notamment ajouté les emprunts d'État grecs à sa liste d'achats d'obligations et a renoncé au plafond qu'elle s'était imposée de ne pas détenir plus de 33 % de titres d'un même pays. La BCE a également élargi le spectre des actifs admissibles et des échéances recevables en incorporant des effets commerciaux non financiers et des bons de gouvernement à son programme d'AQ.

Même si la BCE et la Réserve fédérale ont réagi sans perdre de temps à la crise de la Covid-19, leurs réponses ont parfois divergé, principalement du fait des différences structurelles qui distinguent ces deux marchés. Alors qu'en Europe les banques ont de tout temps été les pourvoyeurs de financements pour les entreprises, aux États-Unis les entreprises vont davantage chercher à se financer sur les marchés de capitaux. Cette situation explique pourquoi la BCE a apporté des liquidités en quantités massives aux banques tandis que la Réserve fédérale a mis sur pied toute une panoplie d'achats de titres d'entreprises sur les marchés primaires et secondaires, allant au-delà des achats initiaux via des indices tels que des ETF (fonds indiciels cotés).

Les nuances qui distinguent la BCE de la Réserve fédérale américaine dans leurs réponses à la crise sont également la conséquence du fait que ces deux marchés se trouvaient à des stades différents du cycle économique au moment où la crise a éclaté. La Réserve fédérale américaine, par exemple, a réduit ses taux d'intérêt qu'elle a ramenés entre 0 % et 0,25 %, à la différence de la BCE dont les taux étaient déjà en dessous de zéro. Autre écart observé entre les deux banques centrales : la BCE a publiquement fait état du montant de ses intentions d'achats dans le cadre de son initiative PEPP, à l'inverse de la Réserve fédérale qui a plutôt opté pour un programme d'achats d'actifs ouvert.

Covid-19 : un élément catalyseur propice à l'émission de social bonds

Au fur et à mesure que les marchés se stabilisent, on observe une pression croissante sur les banques centrales du monde entier pour qu'elles veillent à réserver l'AQ sur les titres d'entreprises aux secteurs qui enregistrent des améliorations tangibles sur les thèmes ESG (environnement, société et gouvernance). Certes, l'exercice peut s'avérer difficile dans certains cas, en particulier du fait que plusieurs programmes d'achats d'obligations n'autorisent pas les banques centrales à opérer la moindre discrimination à l'encontre de secteurs industriels donnés.

Toutefois, il existe plusieurs raisons d'être optimiste sur la future trajectoire des critères ESG, à commencer par le fait que les banques centrales semblent, dans l'ensemble, en passe d'adopter une démarche structurée et coordonnée dans la lutte contre le changement climatique au travers de consortiums comme le Network for Greening the Financial System (NGFS), un organisme dont la taille n'a cessé de croître depuis sa création. De même, on a également assisté à une envolée notable de la demande de social bonds pendant la crise. Ces obligations représentent à présent 28 % du marché total des obligations durables, avec des émissions qui ont grimpé à 33,1 milliards de dollars US pendant les quatre premiers mois de 2020 – une tendance massivement portée par les agences et organismes supranationaux. Comparativement, les social bonds représentaient à peine 5 % du marché des obligations durables l'an dernier, soit 14 milliards de dollars US. [1]

L'utilisation du produit de bon nombre de ces émissions obligataires à vocation sociale s'oriente vers des initiatives destinées à atténuer les incidences de la pandémie de Covid-19. Parmi les émissions à forte visibilité figurent l'obligation sociale sur 3 ans, d’1 milliard de dollars US de la Société financière internationale, destinée à financer des mesures d'aide face à la Covid-19 ; Le social bond Fight Covid-19 sur 3 ans, de 3 milliards de dollars US, émise par la Banque africaine de développement, pour apporter soutien et financement aux pays et entreprises d'Afrique ; les obligations « développement durable » (Sustainability Awareness Bonds) sur 8 ans et 10 ans, chacune d'un montant d’1 milliard d'euros de la BEI ; ainsi que l'obligation « réponse initiale » (Inaugural Response Bond) sur 3 ans, d’1 milliard d'euros de la Nordic Investment Bank, qui s'efforcera d'atténuer les conséquences socio- économiques de la pandémie de Covid-19. Dans leur quasi-totalité, ces opérations respectent les Principes applicables aux obligations sociales énoncés par l'ICMA (International Capital Markets Association), à savoir un ensemble de lignes directrices d’application volontaire pour promouvoir la transparence sur le marché des obligations sociales.

Les social bonds ont explosé en taille et en popularité, avec 57 milliards de dollars US d'émissions en 2020 depuis le début de l'année, contre 9 milliards de dollars US au cours de la même période l'an dernier. Les obligations vertes représentent 93 milliards de dollars US depuis le début de l'année, laissant à penser que l'intérêt pour ces produits reste très vif, même s'il accuse un léger retard par rapport à la même période en 2019 (111 milliards de dollars US d'émissions). Les émissions d'obligations liées au développement durable devraient également connaître un véritable essor dans la lignée des prêts liés au développement durable, qui ont connu une croissance exponentielle depuis leur apparition il n'y a guère plus de deux ans. Les Principes applicables aux obligations durables de l'ICMA devraient contribuer à préparer le terrain à l'expansion de ce nouveau marché. La réglementation mondiale qui appuie les thèmes ESG devrait également apporter un soutien à la multiplication des émissions de ce type. L'UE prend notamment une longueur d'avance avec son Plan d'action sur la finance durable car cette politique doit contribuer à orienter des fonds privés et publics vers les investissements ESG. D'autres grands marchés lui emboîtent dorénavant le pas.

Securities lending et repo : une opportunité pour les institutions officielles

Les injections de liquidités des banques centrales ont été décisives pour la stabilisation du marché des repo, notamment dans les premiers temps où les perturbations engendrées par la crise de la Covid-19 se sont manifestées, lorsque les investisseurs étaient en plein désarroi pour gérer leur risque de liquidité. Cette intervention rapide des banques centrales a fini par permettre aux établissements financiers de dégager des lignes de crédit, autorisant le déploiement de liquidités sur le marché des opérations de pension. Cette action décisive est largement considérée comme ayant empêché qu'un plongeon sévère ne se produise sur les marchés du crédit.

La demande insatiable en High Quality Liquid Assets (HQLA) et leur utilisation pour générer des revenus supplémentaires dans un programme avec risques maîtrisés n'ont jamais disparu du marché. La volatilité a renforcé l’idée que les banques centrales ont la possibilité d’obtenir des rendements accrus, tout en apportant de la liquidité aux marchés de capitaux par l'adoption de programmes de prêts de titres.

Des opportunités de revenus sont également à disposition suite à l'arrivée de la réglementation sur les produits dérivés négociés de gré à gré aux États-Unis, dans l'UE et dans la zone Asie-Pacifique. Ayant mis en place la compensation obligatoire des produits classiques négociés de gré à gré par l'intermédiaire de contreparties centrales (CCP), les autorités de réglementation du monde entier poursuivent leurs projets de réformes qui imposeront l'intervention de contreparties pour les transactions de gré à gré bilatérales afin de fournir une marge initiale et une marge de variation sur leurs opérations. Malgré le report d'un an de l'imposition de ces règles en raison de la crise de la Covid-19, les contreparties devront tout de même obtenir un collatéral acceptable en guise de marge.

Toutes les institutions financières ne disposeront pas de garanties appropriées dans leurs inventaires, elles devront donc se les procurer ailleurs. Les institutions officielles - dont un certain nombre disposent d'énormes réserves de liquidités ou d'instruments financiers de haute qualité - peuvent être tentées de rétrocéder certains de leurs titres à des acteurs du marché OTC qui les utiliseront à des fins de marge.

En tant que prestataire mondial majeur, BNP Paribas Securities Services est très bien placé pour accompagner ses clients dans leurs besoins de prêts de titres en leur offrant une couverture mondiale et locale dans plus de 30 pays sur un large éventail de catégories d'actifs et en utilisant différents types de garanties. La banque propose en effet diverses voies d'accès au marché, notamment des services de prêt à titre de mandant et d'agent, tandis que les clients peuvent simultanément accéder aux fonctionnalités de pointe proposées par ses métiers Global Markets et CIB. L'éventail des services offerts permet aux participants d'être en bonne position pour optimiser au maximum les opportunités de revenus, tout réduisant au minimum leur exposition sur le marché. Cette offre se conjugue à des mesures robustes en matière de sécurité des actifs et à un engagement en faveur de la gestion des risques. BNP Paribas Securities Services est ainsi en capacité de proposer aux institutions officielles une solution optimale en matière de prêt de titres.

Réévaluer les priorités dans le contexte post Covid-19

La Covid-19 est une crise inédite. Les institutions officielles, banques centrales comprises, seront vitales pour esquisser les contours de la reprise mondiale à l'avenir. Entre intervention monétaire à court terme visant à renforcer la liquidité et initiatives à plus long terme ciblées sur l'émission d'obligations répondant à des critères ESG, ces institutions officielles contribuent au sauvetage de l'économie mondiale.

[1] BNP Paribas CIB


Avec nos remerciements aux contributeurs suivants de BNP Paribas :
Christian Oger, Head of technical sales de BNP Paribas Securities Services
Florence Lubineau, Head of Central Banks & MDBs/Supranationals, Europe de BNP Paribas CIB - Couverture des institutions officielles
Laurent Libiszewski, Global Head of Debt Products & Solutions de BNP Paribas Securities Services
Michael Saunders, Head of Agency Lending, Amérique de BNP Paribas Securities Services
Natalia Floate, Head of Market & Financing Services, Asie-Pacifique de BNP Paribas Securities Services
Vera Delvoye, Official institutions and Pension funds, Go to Market strategist de BNP Paribas Securities Services

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