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Contrôle dépositaire et nouvelles technologies : pourquoi et comment réinventer le métier ?
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Contrôle dépositaire et nouvelles technologies : pourquoi et comment réinventer le métier ?

18/10/2018

François Depeuille

François Depeuille

Responsable Contrôle Dépositaire France

BNP Paribas Securities Services

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Le secteur bancaire est entré dans une période de changement sans précédent. Nouvelles technologies et nouveaux acteurs amènent à réfléchir à des business models et des process novateurs. BNP Paribas Securities Services est au premier rang de cette transformation qui s’opère, avec trois objectifs majeurs : industrialiser les processus, améliorer l’expérience client et l’expérience collaborateur, et imaginer les services de demain. Le contrôle dépositaire de BNP Paribas Securities Services cristallise aujourd’hui ces objectifs.

Retour sur une expérience enrichissante avec François Depeuille, responsable du contrôle dépositaire pour la France

Face à une réglementation de plus en plus exigeante, des volumes et une complexité qui va en s’accroissant,  le contrôle dépositaire de BNP Paribas Securities Services s’appuie sur l’innovation technologique pour répondre aux enjeux actuels et futurs d’un métier en constante mutation.

Les dépositaires de fonds sont en effet confrontés au quotidien à la diversification et à la complexification des gestions qu’ils contrôlent. Pour mener à bien cette mission réglementaire, ils sont amenés à consolider un grand nombre de données de sources diverses dont tout l’enjeu est désormais de savoir les structurer, fiabiliser et sécuriser. BNP Paribas Securities Services est le leader européen des activités de dépositaire avec près de 10 000 véhicules contrôlés au quotidien.  C’est dans ce contexte de forte croissance des volumes et de complexité que le programme Ines est né au sein des équipes de BNP Paribas Securities Services, avec la conviction que les nouvelles technologies apportent aujourd’hui des réponses nouvelles à des problèmes bien anciens.

Comment a évolué le métier de contrôleur dépositaire ?

Profondément, même si la finalité de notre action reste la même : la protection des intérêts de l’investisseur. Deux facteurs impactent au quotidien notre métier de dépositaire et le transforment dans la durée :

  • la réglementation, qui régit notre périmètre d’intervention et le structure au fil des textes. Celle-ci implique une veille réglementaire bien structurée, mais aussi une réactivité forte de la part des équipes et de nos outils informatiques. C’est avant tout notre périmètre d’intervention et de supervision qui a évolué. L’époque où le contrôleur dépositaire pilotait la production de ratios et une certification annuelle des avoirs est révolue. Il faut désormais savoir superviser tout un écosystème intégrant, au-delà des actes de gestion, l’organisation même de l’activité au sein de la société de gestion, ses organes de décision, la traçabilité et la qualité de l’information produite, jusqu’au choix de ses fournisseurs de service et partenaires.
  • nos clients, en quête de rendement, mais aussi de diversification et de sécurisation dans leur gestion, exploitent les dispositions réglementaires et la diversité de l’offre de gestion : titrisation, capital-risque, gestion immobilière, etc. Prenons l’exemple des directives UCITS et AIFMD, celles-ci ont naturellement renforcé les missions et responsabilités de tous, gérants comme dépositaires. Elles ont également redessinées et ouverts le marché de la gestion en Europe. Ainsi, nous accompagnons désormais une multitude de gérants internationaux pour la surveillance de fonds de droit français. Cela renforce le besoin pour nos clients d’un accompagnement fort et d’un service homogène, couvrant simultanément de multiples juridictions aux règles de fonctionnement bien différentes d’un pays à l’autre, en particulier au sein de l’Union Européenne.

Cet état des lieux vous a-t-il conduit à réfléchir à une nouvelle façon de travailler ?

Absolument, mais nous n’avons pas attendu l’émergence des nouvelles technologies et de l’I.A pour anticiper les attentes nouvelles de nos clients et répondre à la somme de challenges réglementaires, technologiques qui nous incombent.

La constitution d’un centre d’expertise européen des activités de dépositaire a été la première pierre d’une offre européenne destinée à accompagner nos clients internationaux. Celui de BNP Paribas Securities Services est basé à Varsovie, en Pologne, et apporte chaque jour un appui et une expertise précieuse à chaque juridiction, par exemple en matière de traitement des flux de données en entrée de nos outils. Loin de se substituer à nos équipes locales, notre centre d’expertise permet de mutualiser, renforcer et optimiser les processus en amont de la surveillance des fonds opérée localement.

Il aura également fallu revoir en profondeur et décliner nos plans de contrôle pour chaque typologie de fonds. Un grands fonds monétaire ne se contrôle pas de la même manière qu’un fonds de Capital Risque ou qu’un OPCI grand public. A chaque typologie de véhicule est lié un plan de contrôle distinct qui peut combiner l’audit, le contrôle de second niveau au sein de la société de gestion, et le recalcul des principaux indicateurs.

Désormais, la refonte de notre système d’informations et la revue de l’organisation qui en découle sont la prochaine étape de notre mutation et doivent permettre de répondre simultanément à tous ces enjeux sous l’angle technologique et opérationnel.

Comment le changement s’est-il opéré ?

Tout d’abord via le Laboratoire Innovation du groupe BNP Paribas. Au moment où nous cherchions à identifier les opportunités/priorités de notre transformation digitale, le contrôle dépositaire est apparu comme un métier à enjeu fort, capable de se transformer significativement sous l’impulsion des nouvelles technologies. Nous avons rapidement identifié la FinTech française Fortia Financial Solutions, comme un partenaire potentiel et avons lancé les premiers travaux destinés à  valider la viabilité de leur solution. A l’issue de ce travail préliminaire, et d’une mise en concurrence des solutions envisageables, le groupe BNP Paribas a décidé de s’associer à Fortia Financial Solutions au travers d’une prise de participation minoritaire et à initier dès lors un grand projet de transformation à l’échelle européenne, le projet Ines. Mustapha Ouafik, responsable du programme INES au sein de BNP Paribas Securities Services, a immédiatement perçu le potentiel de l’outil pour notre métier de dépositaire, à commencer par la puissance et pertinence des algorithmes de lecture/analyse de documents multilingues, en passant par le pilotage d’une production complexe et internationalisée, jusqu’aux capacités de l’outil en matière de machine learning.

Au travers de cette plateforme, ce sont près de dix processus de surveillance distincts qui font l’objet d’une digitalisation et d’une automatisation.
Pour la première fois sur le marché, un outil intègre nativement l’ensemble des domaines de surveillance du dépositaire. La flexibilité de son paramétrage devra permettre de faire évoluer notre dispositif dans la durée au gré des réglementations et besoins clients.

Dès la conception de notre solution, nous avons porté un soin tout particulier au sujet de l’intégration des données, de nature et de provenance diverses (market data, données clients, prospectus, documents  légaux, etc.) avec la constitution d’un modèle d’intégration innovant, évolutif et ouvert sur l’extérieur.

L’appropriation des algorithmes au sein de notre métier représente quant à elle une évolution qui appelle à repenser en profondeur les compétences et l’organisation de nos équipes. Elle fait par ailleurs naitre de nouveaux métiers, par exemple autour de la surveillance de l’IA.

Pourriez-vous nous donner un exemple concret ?

Jusqu’à présent, la conception d’un plan de contrôle pour un nouvel OPC implique un travail sensible de lecture, analyse documentaire (pour la mise en conformité du prospectus) qui permet ensuite de définir dans les outils des seuils, bornes, l’interprétation des adverbes, etc. Il n’est pas rare que ce travail mobilise nos équipes sur plusieurs journées en fonction de la complexité du véhicule à contrôler.

Avec Innova, la lecture et l’analyse du prospectus est réalisée par l’algorithme de « parsing » dans plusieurs langues et en quelques secondes. Notre outil propose immédiatement un plan de contrôle extrait des termes du prospectus, et tenant compte des réglementations locales et européennes. Il appartient ensuite à un utilisateur expert de revoir, compléter et challenger la proposition formulée par l’outil. En cas d’intervention de l’utilisateur, Innova enrichit son savoir et sa manière d’interpréter la formulation rencontrée. En résumé, une intelligence d’analyse de texte amenée à se développer au gré des volumes traités et par l’action « d’éducation des algorithmes » à la main de nos utilisateurs.

La machine prend-elle le relais de l’humain ?

Le relayer probablement, s’y substituer certainement pas ! Et ce n’est vraiment pas le but recherché. S’il est clair que la machine gagne en puissance de traitement et en autonomie, cela appelle en contrepartie un lourd travail de supervision et « d’éducation » par nos équipes.

Le changement le plus fort de mon point de vue réside autour des compétences nécessaires à la réalisation de notre métier. Parallèlement au développement informatique, nous avons débuté un vaste chantier de gestion du changement afin de revoir les compétences (skills) clés de notre métier et accompagner nos collaborateurs dans l’appropriation de ces nouveaux talents. Au sein de BNP Paribas Securities Services, nous sommes convaincus que ces outils modernes sont une opportunité pour chaque collaborateur d’apporter plus de valeur ajoutée au quotidien et tirer vers le haut chaque composante de son métier. C’est un challenge humain et technologique réjouissant. Mais Il appelle en contrepartie un soin tout particulier autour de la communication, de la transparence et de la pédagogie auprès de nos équipes. Enfin, l’émergence de nouveaux métiers et besoins autour de l’IA est un vecteur de transformation de carrière et d’évolution pour chaque collaborateur souhaitant enrichir son parcours professionnel.

Le bénéfice pour le client sera-t-il immédiat ?

Avec un accompagnement client renforcé, une meilleure transparence et vélocité dans nos processus, mais aussi par des capacités de surveillance et de calcul améliorées, le bénéfice pour l’Asset Manager devrait être immédiat, et au crédit d’une meilleure supervision des fonds.

Nous avons également ouvert un vaste chantier autour de l’expérience client avec le déploiement progressif de solutions clients légères et dédiées au suivi de l’activité dépositaire. Là encore, ce sera une première sur le marché. Nous sommes fiers d’y prendre part avec l’appui et l’expertise de nos clients qui contribuent à définir les interactions utiles en fonction de leurs besoins et contraintes. N’oublions pas enfin l’investisseur, lui aussi est notre client. C’est aussi pour eux que nous avançons chaque jour dans le monde du Dépositaire 3.0, convaincus que toutes les initiatives prises servent avant tout les intérêts d’une industrie dans son ensemble, à commencer par ceux de l’épargnant européen.

L’outil est-il complètement opérationnel ou encore une phase de test ?

Dans sa version initiale, l’outil assurera la supervision de fonds français dès le premier trimestre 2019. La France sera un des premiers marchés à déployer ces nouveaux outils.
A terme, ce sont près de 14 pays et environ 10.000 véhicules qui bénéficieront de ces nouveaux outils de supervision. La route est encore longue, mais la transformation digitale est belle et bien en marche chez BNP Paribas Securities Services !

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