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La blockchain vous veut du bien
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La blockchain vous veut du bien

09/05/2016

Dan Barnes

Dan Barnes

The DESK: Fixed income trading for institutional investors

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Démonstration à partir de 6 exemples pratiques

Comment  la blockchain va-t-elle révolutionner le transfert d'actifs? Nous avons réunis cinq experts blockchain et six idées clés sont ressorties de leurs discussions. 

La cybersécurité

« Sur le plan de la cybersécurité, la blockchain représentera un atout majeur », affirme Gavin Wood, (@gavofyork), le fondateur d'Ethcore, une start-up spécialisée dans le développement de systèmes de registres distribués. « C'est fondamental. Comme nous nous appuyons sur des solutions de mathématiques pures et non sur des approches « douces » pour protéger nos données, nous commençons à utiliser les outils adaptés pour lutter contre les attaques informatiques. Le fait que ces outils aient été expérimentés “dans un environnement sauvage” est d'un grand soutien. »

L'origine « sauvage » de ces registres distribués fait référence à leur destination initiale qui était de constituer une méthode de transfert du bitcoin. La monnaie virtuelle n'est en effet contrôlée par aucune autorité centralisée habilitée à intervenir et à prévenir les contrefaçons ou la fraude. Au lieu de cela, l'intégralité des transactions bitcoin est enregistrée dans une base de données dont les enregistrements sont sécurisés par un système cryptographique et sont accessibles à tous sur le réseau.

Le transfert n'est autorisé qu'après confirmation de la propriété des bitcoins nécessaires à la transaction, sur la base de ces informations signées de manière cryptographique. Ce système est inviolable, la propriété ne peut être contestée et il est impossible d'y introduire des bitcoins contrefaits. C'est pourquoi, le protocole de construction utilisé par la blockchain suscite autant l'intérêt des entreprises en quête d'autres moyens pour transférer de la valeur.

Protocole

Philippe Denis, responsable des projets blockchain au sein de CIB et responsable des activités numériques chez BNP Paribas Securities Services, se souvient de la première fois qu'il a entendu parler de cette technologie innovante. « J'étais en charge de la R&D et en 2011 un collègue m'a suggéré de m'intéresser au bitcoin. Non pas à la devise elle-même mais plutôt au protocole sur lequel elle repose. Notre leitmotiv est devenu : Oubliez la devise, pensez protocole. »

Partir de ce concept et le faire fonctionner de manière concrète nécessite la convergence simultanée de plusieurs facteurs. Le premier est le consensus : si chacun met au point son propre système de registres distribués, rien ne dit qu'ils pourront fonctionner ensemble. Afin de résoudre cette difficulté, BNP Paribas s'est engagé au sein des consortiums R3 et Digital Asset Holdings qui conçoivent des normes sectorielles pour la sphère financière.

Le second est l'élaboration de « cas d'usage ». Tandis que les différents acteurs travaillent encore à établir un consensus et des normes destinées à remplacer les modèles inter-entreprises (B2B) existants, les entreprises ont choisi d'éprouver la fiabilité de cette technologie en la mettant en œuvre dans le cadre d'échanges B2C (business-to-client).

Lutte contre la fraude

Dans l'industrie financière, la direction du métier titres Securities Services de BNP Paribas coopère avec la plate-forme d'investissement en actions Smarts Angels : l’objectif estd’émettre des titres sur le marché primaire en utilisant la technologie blockchain et d’offrir aux investisseurs la possibilité de les négocier au travers d'un registre distribué qui fonctionne comme un marché secondaire. Mais, la technologie peut aussi engendrer de nouveaux modèles dans lesquels les sociétés élaborent des systèmes B2B qui mettent à profit les qualités d'inaltérabilité du registre.

« Nous avons démarré il y a plus d'un an utilisant la technologie blockchain afin de créer un registre permanent pour s'assurer de la provenance des diamants et des produits de luxes », déclare Calogero Scibetta, responsable des opérations et du développement commercial au sein d'Everledger. « Notre technologie nous permet d'aider les compagnies d'assurance, les banques et les places financières ouvertes à réduire le nombre de vols, de fraudes et de ventes de marchandises de contrefaçon en associant une empreinte numérique à ces éléments dans le registre. »

Eveledger, qui estime à près de 100 millions de livres annuels le coût de la fraude liée aux vols de bijoux et à 200 millions de livres le montant payé par les assureurs pour lutter contre la fraude utilise un registre numérique qui permet d'identifier la source des diamants « physiques » et de suivre leur parcours afin de s'assurer de la légalité de leur provenance. Dans la mesure où cette société numérise une part croissante des diamants extraits sur la planète, ceux qui s'échangent en dehors de ce système de validation pourraient subir une décote en raison du risque auquel s'exposent les négociants s'ils ne vérifient pas correctement leur origine.

Compensation et règlement-livraison

Sean Murphy, associé et responsable de l'activité mondiale Blockchain & Registres distribués de Norton Rose Fulbright souligne : « Les cas d'usage potentiels des technologies de registre distribué sont innombrables. Nous constatons en ce moment un intérêt manifeste de la part des clients pour leurs activités de compensation et de règlement-livraison mais aussi pour d'autres processus exigeant des vérifications de provenance ou d'identité (procédures de Connaissance du client ou KYC, know your customer, par exemple). D'un point de vue juridique, la vérification de l'identité représente un cas d'usage intéressant car il soulève des questions essentielles au regard de la confidentialité des données. »

Technologies légères contre technologies lourdes

Dans la perspective d'une mise en œuvre pratique, de nombreuses décisions doivent être prises par les responsables de l'informatique, sur le plan des registres qu'ils utilisent, d'une part, et des technologies sous-jacentes, d'autre part.

« D'une part, nous avons les technologies légères, celles par exemple des registres distribués testés par le consortium R3, et d'autre part, nous avons les technologies lourdes, celles par exemple d'IBM et Intel qui proposent de partager leur technologie afin de soutenir le développement des registres distribués », explique P. Denis.

Contrats

Une fois que la situation se sera normalisée autour de ces choix, il sera plus facile d'envisager l'utilisation de ces systèmes par les entreprises dans leurs opérations avec leurs partenaires. La capacité à prendre en charge une émission d'actifs sous forme d'un marché primaire et à organiser également sa négociation sur un marché secondaire ne se limitera pas aux instruments simples. Il sera possible d'effectuer des règlements de dividendes assortis de clauses complexes mises en place pour accompagner les produits structurés.   

« Le concept de contrat intelligent qui déclenche automatiquement l'exécution des clauses est puissant mais il est [pour l'instant] un peu hors-sujet », ajoute S. Murphy. « Le cas d'utilisation que j'estime personnellement le plus intéressant est celui des banques centrales qui émettent leur propre monnaie dans un registre distribué. »

Il explique qu'une fois que la monnaie de la banque centrale aura été mise en place dans un registre distribué, les entreprises commenceront à pouvoir réaliser des transactions réelles sur les titres et le cash en ayant recours à la blockchain.

 

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