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Le facteur de « niche »
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Le facteur de « niche »

16/09/2016

Andrew Dougherty

Andrew Dougherty

BNP Paribas Securities Services

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Andrew Dougherty de BNP Paribas s’intéresse à la troublante capacité des nouveaux fonds spéculatifs émergents à surperformer leurs plus grands homologues

Bien qu’ils aient fait mieux que les indices S&P, la performance de 2,02 % grappillée par les fonds spéculatifs américains en 2015 n’avait rien d’extraordinaire. La sous-performance de l’année dernière a prolongé  la période « sèche » qui a débuté il y a 5 ans et pendant laquelle le rendement des fonds spéculatifs n’a augmenté que de 1,7 % par an, soit environ 9 % de moins que les principaux indices sur la période concernée.

Alors que le secteur de la gestion alternative continue de se développer, la taille est progressivement devenue synonyme de réussite : aujourd’hui, la grande majorité de l’AuM (encours total) est contrôlée par seulement 12 % des fonds spéculatifs selon Preqin, cabinet de recherche spécialisé dans la gestion alternative. Cependant, les investisseurs ne s’intéressant qu’aux fonds les plus établis, passent peut-être à côté d’un des secrets les mieux gardés du secteur : les fonds spéculatifs de petite taille, start-up ou « naissant », dont les encours sont nettement plus faibles et qui possèdent une expérience de seulement quelques années à leur crédit, ont néanmoins démontré une capacité incroyable à surperformer leurs plus grands homologues.

Changement de paradigme

Historiquement, les fonds spéculatifs ont utilisé une « stratégie décorrélée »  afin de tenter une compensation des pertes des investissements traditionnels. Cette stratégie était appliquée lors de marchés baissiers. Cela était effectué tout en faisant preuve de stabilité et en enregistrant des gains modérés lors des phases de marchés haussiers. Autrefois, le secteur était exclusif à certains fonds spéculatifs. Aujourd'hui, l’adhésion des fonds spéculatifs inclue tant ceux publics que privés, les compagnies d’assurance et autres entités financières traditionnelles s’y intéressant. Parallèlement, les encours gérés par les fonds spéculatifs sont montés en flèche, passant de 257 milliards de dollars en 1996 à environ 3 000 milliards aujourd'hui, selon les études de Hedge Fund Research (HFR).

La participation croissante des institutionnels a conduit à un champs d’intervention des fonds spéculatifs davantage compétitif (rendant la génération d’alpha plus complexe dans le processus). De plus, les pratiques de due diligence des fonds sont désormais regardées à la loupe. Leurs performances ont été impactées en raison du coût supplémentaire inhérent à la mise en œuvre des solutions de gestion des risques plus solides. Et, au fur et à mesure que le secteur se développe, la recherche de « décorrélation » est de plus en plus difficile car la plupart des fonds de grande taille ont suivi l’évolution globale des marchés.

Alors que les grands gagnants sont souvent ceux qui affichent des marges les plus minces, le niveau élevé des frais des fonds spéculatifs (selon le modèle historique « 2+ 20 », qui impose aux investisseurs de payer des frais fixes équivalents à 2 % des encours et une commission de performance de 20 % du total des gains annuels) est devenu une thématique sensible, en particulier compte tenu de la récente performance moins bonne des fonds spéculatifs. Dans ce contexte, de nombreux clients se sont mis à la recherche d’opportunités d’investissement avec un coût inférieur comme les ETF, les instruments alternatifs liquides, les OPC indiciels et d’autres stratégies de gestion passive. Selon HFR, le montant des demandes de rachat dans les fonds spéculatifs s’élève à plus de 15 milliards de dollars sur le 1er trimestre 2016.

Toujours attractifs

Pour autant, les investisseurs s’étant exposés à des fonds spéculatifs n’ont pas été avantagés à long terme. Depuis 1990, le secteur a enregistré une performance de 10 % par an (selon l’indice HFRI). Ces performances ont été générées essentiellement pendant la pleine période des années 1990, avec un rendement annualisé de 18,3 % (contre seulement 3,4 % par an depuis 2006).

Cependant, avec la hausse de la valorisation des actions et la baisse ininterrompue des taux d'intérêt, les fonds spéculatifs continuent d’être un support d’investissement attractif, voire nécessaire, pour les gérants d'actifs institutionnels. Au niveau mondial, les stratégies alternatives de gestion sont un des éléments pris en compte pour estimer les prévisions de la génération d’alpha des fonds de pension ; et avec des taux qui ne devraient pas évoluer pendant un certain moment, les gestionnaires vont très certainement continuer à s’intéresser aux fonds spéculatifs et aux autres types de stratégies alternatives.

C’est en tout cas ce que semblent confirmer plusieurs données publiées récemment. Selon le rapport annuel de Preqin sur le secteur mondial des fonds spéculatifs, le total des encours était proche de 3 200 milliards de dollars fin 2015, grâce à un nouvel apport de capitaux de 71,5 milliards de dollars. PriceWaterhouse Coopers, dans son enquête mondiale sur la distribution des fonds spéculatifs menée en collaboration avec l’AIMA, a permis de constater qu’environ 44 % des gestionnaires de fonds spéculatifs envisageaient de lancer un nouveau produit d’ici la fin de l’année 2016, tandis que plus de 6 sur 10 ont observé une augmentation des encours.

Malgré les pertes de certains grands investisseurs comme le Système de retraite des fonctionnaires de Californie (Calpers) et le fonds spéculatif de New York (Nycers), le nombre d’institutions avec des allocations en fonds spéculatifs est proche de 5 000, selon Preqin. Et non sans raison : entre les années 2008 et 2014, , selon les données de Moody’s,  les fonds de pension ont subi une baisse de 9 % de leur niveau de financement en raison d’une augmentation de 69,5 % des engagements, tandis qu’une progression de seulement 42,5 % est constatée sur la valeur de leurs actifs sur la période. Selon les rapports publiés par Moody’s, compte tenu de l’augmentation du nombre de baby-boomers partant à la retraite, les fonds de pension vont très probablement devoir maintenir des niveaux de financement élevés.

 

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